Les chalets sur pilotis de Gruissan

 

Cours de français près de Gruissan

Ces petits chalets sur pilotis sont l’héritage des pratiques locales. Toléré par l’administration, cet ensemble architectural unique en France résulte de l’aménagement du territoire par les "autochtones".

Avec ce billet, nous vous faisons découvrir un site atypique que nous aimons particulièrement dans le sud de la France.
Un article adapté à chaque niveau vous aidera à améliorer votre compréhension de l'écrit.

Pour les DÉBUTANTS, cliquez ici.
Au menu :
un article court accompagné d'un document audio ;
quelques définitions pour mieux comprendre ;
des objectifs de communication : décrire un objet et localiser un objet ;
des objectifs grammaticaux : l'imparfait et le pronom "Y".
 

Niveau INTERMÉDIAIRE, c'est par ici.​ 
Au menu :
un article un peu plus long avec davantage de vocabulaire ;
quelques définitions pour mieux comprendre la vie aux chalets.
N'hésitez pas à jeter un œil dans la rubrique "avancé" pour étudier les marqueurs de temps et les articulateurs logiques.
 

Les AVANCÉS, c'est par là. 
Au menu :
un texte un peu plus long... ;
un coup de pouce sur les marqueurs de temps et les articulateurs logiques ;
quelques mots sur le passé simple pas si simple...

 

Bon voyage à tous au cœur des chalets.
Prolongez le bon temps avec quelques photos et un aperçu du film 37.2°C le matin de Jean-Jacques Beineix.
Côté civilisation.

 

Les chalets sur pilotis de gruissan

 

Les chalets sur pilotis de Gruissan - Niveau débutant

 

 

Les chalets sur pilotis sont des maisons en bois. Ils se situent au bord de la mer, sur la plage de Gruissan.

Avant, les pêcheurs utilisaient ces petites maisons pour leur travail. Ils y dormaient et y rangeaient leurs filets et leurs cannes à pêche.

Fin 1800, les temps changent. La plage devient un endroit pour se reposer le week-end. Les familles apprécient la côte méditerranéenne. Elles y viennent pour nager et partager du bon temps. Les maisons de pêcheurs vont donc se transformer en petits chalets de vacances.

En 1899, une forte tempête détruit les chalets. Les habitants de Gruissan les reconstruisent sur pilotis pour les protéger de l’eau.

Aujourd’hui, il y a environ 1400 chalets à Gruissan. Ils inspirent beaucoup d'artistes parce qu'ils se trouvent dans un environnement naturel exceptionnel. Certaines personnes y habitent toute l'année. D'autres y viennent pour les vacances.

Ce site est unique en France. Venez voir les chalets sur pilotis, ils sont magiques.

 

 

 

Côté VOCABULAIRE :

une maison sur pilotis : maison construite en hauteur sur une structure en bois.

le bois : un arbre est en bois.

la plage : c'est le sable le long de la mer.

un pêcheur : c'est une personne qui pêche. Elle attrape du poisson dans la mer avec une canne à pêche ou un filet.

ranger : mettre en ordre.

un endroit : une place déterminée, un lieu.

se reposer : arrêter de travailler pour se relaxer.

une tempête : vent très violent.

détruire : faire disparaître. construire : contraire de détruire. C'est créer, fabriquer. Reconstruire, c'est créer une 2nde fois.

protéger : défendre d'un danger.

Côté COMMUNICATION :

Décrire un objet :

Pour expliquer en quoi est fait un objet, on utilise l’expression « être EN + matière »

Il est en bois ; en papier ; en carton ; en plastique ; en fer ; en or ; en argent ; en coton ; en terre….
Les chalets sont en bois.

Localiser un objet :

Il existe différents verbes pour localiser un objet. "se situer"; "être"; "se trouver"; "être localisé".

Les chalets se situent au bord de la mer.
Les chalets sont sur la plage.
Les chalets se trouvent à Gruissan.
Les chalets sont localisés dans le sud de la France.

 

 

 

Gruissan les chalets carte postale

Côté GRAMMAIRE :

L'imparfait

Utilisation

L'imparfait est utilisé pour parler des souvenirs ou des habitudes passées.
Voici des expressions souvent utilisées pour décrire une situation passée différente de celle d'aujourd'hui : avant, autrefois, à cette époque-là...

exemple : Avant, les pêcheurs dormaient dans les chalets.

Formation

Comme base verbale, on utilise le radical du présent de l'indicatif à la 1ère personne du pluriel et on ajoute les terminaisons suivantes : -AIS, -AIS, -AIT, -IONS, -IEZ, -AIENT.

exemple :
faire ⇒ présent : nous faisons ⇒ base verbale : "fais-"⇒ imparfait : je faisais,
tu faisais, il faisais, nous faisions, vous faisiez, ils faisaient.

Exception: pour le verbe "être" la base verbale est "ét-"

 

Côté GRAMMAIRE :

Le pronom complément Y

Exemples :
Ils dormaient dans les petites maisons en bois. ⇒ Ils y dormaient.
Ils rangeaient leurs filets dans les petites maisons.⇒ Ils y rangeaient leurs filets.
Elles viennent sur la côte. ⇒ Elles y viennent.
Elles habitent dans les chalets à l'année. ⇒ Elles y habitent à l'année.

Explication :
Le pronom complément Y est utilisé pour éviter la répétition. Il remplace un complément de lieu, c'est-à-dire un complément qui indique une localisation, un endroit. (où?) Le complément de lieu est souvent introduit par les prépositions : à, chez, sur, sous, dans...

 

Les chalets de Gruissan-plage - Niveau intermédiaire

 

Ces petits chalets sur pilotis* sont l’héritage* des coutumes locales ce qui crée un ensemble architectural atypique* en France.

D’abord, ce sont les pêcheurs qui ont bâti* de petites cabanes* au bord de la mer. Elles étaient exploitées pour y entreposer* leur matériel ou y dormir.

A la fin du XIXème siècle, prendre un bain de mer est devenu une nouvelle mode. Alors, pour accueillir les baigneurs* narbonnais, de petites cabines* et un restaurant ont remplacé les cabanes de pêcheurs.

Cependant, en 1899, une forte tempête et une inondation ont détruit les constructions. Pour mieux protéger les futurs abris* de vacances, il a donc été décidé d’une part, de réaménager le littoral avec une digue* et d’autre part, de repenser l’architecture des habitations. Ainsi, des chalets rudimentaires*, faits de matériaux de récupération, ont été construits sur pilotis pour les préserver de la montée des eaux.

Dans les années 30, l’ambiance conviviale et familiale de cette petite station balnéaire où chacun menait une vie simple dans un cadre naturel exceptionnel a attiré de plus en plus les estivants* de la région.

Mais, pendant la 2nde guerre mondiale, les Allemands qui occupaient le territoire ont rasé les petites baraques* et interdit la plage pour des raisons de défense.

Les « chaletains » très attachés à leur patrimoine*, dès la fin de la guerre, ont bâti de nouveaux chalets dans le même style que les précédents. Ils ont ajouté un peu de confort avec l’eau et l’électricité. Ils ont su protéger cet endroit magique en s’opposant et en résistant à un vaste* projet de réaménagement touristique qui prévoyait une nouvelle fois la destruction des petites habitations dans les années 60.

Aujourd’hui, quelques constructions ne respectent plus l’esprit d’autrefois. Cependant, le charme persiste et se trouve renforcé* par une règle qui interdit aux habitants de clôturer* leur propriété. Aucune barrière ou haie ne vient briser* l’espace. C’est dans cette ambiance originale, au bord de la Méditerranée, que nous pouvons apprécier un moment de promenade en toute liberté.

Côté VOCABULAIRE

une maison sur pilotis : maison située au bord de la mer, d’un lac ou d’une rivière, construite en hauteur sur une structure, traditionnellement en bois, pour la protéger de l’eau.

un héritage : valeurs ou biens transmis par les générations précédentes.

atypique : différent de l'habituel, de la norme.

bâtir : construire.

une cabane : petite maison, le plus souvent en bois ou en matériaux légers.

entreposer : stocker.

un baigneur : personne qui se baigne. Se baigner : être dans l'eau, prendre un bain.

une cabine : petite construction où on peut s'isoler. La cabine de plage permet de se changer avant d'aller se baigner. Il existe aussi dans les magasins des cabines d'essayage.

un abri : lieu où on peut se protéger. 

une digue : construction qui retient l'eau.

rudimentaire : très simple, peu développé.

un estivant : personne qui passe ses vacances d'été dans un lieu de villégiature.

une baraque : bâtiment en planches.

un patrimoine : richesse, ensemble des biens reçus en héritage. 

vaste : large, très grand.

renforcer : rendre plus fort, plus intense.

clôturer : mettre une barrière pour entourer sa propriété.

briser : casser.

Gruissan les chalets carte postale

 

Gruissan les chalets carte postale

Gruissan les chalets carte postale

Les chalets de Gruissan-plage - Niveau avancé

 

 

Ces petits chalets sur pilotis sont l’héritage des pratiques locales. Toléré par l’administration, cet ensemble architectural unique en France résulte de l’aménagement du territoire par les "autochtones".

A l’origine, les pêcheurs bâtirent de petites cabanes sur le littoral pour y entreposer leur matériel ou y dormir.

Puis, à la fin du XIXème siècle, puisque prendre un bain de mer devint tendance, de petites cabines et un établissement pour se restaurer remplacèrent les cabanes de pêcheurs pour accueillir les baigneurs narbonnais.

Cependant, en 1899, une forte tempête et une inondation détruisirent ces constructions. Il fut donc décidé de réaménager le littoral avec une digue pour mieux protéger les futurs abris de vacances et d’adapter ces derniers aux éléments environnants. Ainsi, des chalets rudimentaires, faits de matériaux de récupération, furent construits sur pilotis afin de les préserver de la montée des eaux.

Dans les années 30, l’ambiance conviviale et familiale de cette petite station balnéaire où chacun menait une vie simple dans un cadre naturel exceptionnel attira de plus en plus les estivants de la région.

Mais, pendant la 2nde guerre mondiale, l’armée occupante, pour des raisons de défense, rasa les petites baraques et interdit la plage.

Les « chaletains » très attachés à leur patrimoine, dès la fin de la guerre, bâtirent de nouveaux chalets dans le même style que les précédents en y ajoutant progressivement une petite note de confort avec l’eau et l’électricité. Par la suite, ils surent protéger cet endroit magique en s’opposant et en résistant à un vaste projet de réaménagement touristique qui prévoyait une nouvelle fois la destruction des petites habitations dans les années 60.

Aujourd’hui, malgré quelques constructions qui ne respectent plus l’esprit d’antan de ces petites merveilles, le charme persiste et se trouve renforcé par une règle qui interdit aux habitants de clôturer leur propriété. Aucune barrière ou haie ne vient fractionner l’espace, comme il se fait dans les pays nord-américains avec le concept Garden City. C’est dans cette ambiance originale, au bord de la Méditerranée, que nous pouvons flâner dans les ruelles de ce village aux parfums d'autrefois, en toute liberté.

Côté CONJUGAISON

Le passé simple

Utilisation

Il s’agit du temps du récit historique, utilisé surtout à l’écrit, en littérature ou par certains organes de presse. A l’oral, il est généralement remplacé par le passé composé.

Il décrit des actions réalisées dans le passé à un moment précis. Ces actions sont uniques et ponctuelles, ou venant interrompre une action ou une situation en cours.

Formation

Nous limiterons notre explication à la 3ème personne du singulier (il, elle, on) et à la 3ème personne du pluriel (ils, elles).

Pour les verbes en –ER

On utilise le radical de l’infinitif auquel on ajoute les terminaisons suivantes : "A" pour la 3ème personne du singulier - "ÈRENT" pour la 3ème personne du pluriel.
attirer : il attira – ils attirèrent 
raser : on rasa – elles rasèrent
aller : elle alla – elles allèrent

Pour les verbes en –IR

On utilise le radical de l’infinitif auquel on ajoute les terminaisons suivantes : "IT" pour la 3ème personne du singulier - "IRENT" pour la 3ème personne du pluriel.
finir : il finit – ils finirent
prendre : il prit – ils prirent

Exceptions : mourir (il mourut – ils moururent), courir (courut – coururent), venir (il vint – ils vinrent), tenir (il tint – ils tinrent), lire (il lut – ils lurent)...

Pour les verbes en –OIR -OIRE -AÎTRE -OÎTRE - AIRE -URE

On utilise le radical de l’infinitif auquel on ajoute les terminaisons suivantes : "UT" pour la 3ème personne du singulier - "URENT" pour la 3ème personne du pluriel.
savoir : il sut – ils surent
boire : il but – ils burent
connaître : il connut - ils connurent

Exceptions : faire (il fit – ils firent), voir (il vit – ils virent), s’asseoir (il s’assit – ils s’assirent), naître (il naquit, ils naquirent)...

Les verbes AVOIR et ÊTRE sont irréguliers :

AVOIR : il eut – ils eurent
ETRE : il fut – ils furent

Côté COMMUNICATION

Les marqueurs de temps :

Les marqueurs de temps utilisés dans l’article sont indiqués en italique. Les autres sont des suggestions pour vous aider à construire vos récits.

à l’origine, d'abord, puis, ensuite, alors, par la suite, finalement, enfin...

à la fin du XIXème siècle ; en 1899 ; dans les années 30 ; pendant la 2nde guerre mondiale ; dès la fin de la guerre ; cette année-là ; ce jour-là ; le lendemain ; hier ; aujourd’hui...

il y a ; depuis ; ça fait...

tout à coup ; soudain ; c’est alors...

Voici quelques marqueurs de temps que vous pouvez utiliser pour exprimer une habitude passée, une régularité, ou une durée. Ils seront alors suivis de l'imparfait :

tous les matins ; toujours ; souvent ; de temps en temps ; une fois par an ; jamais ; d’habitude…

autrefois ; avant ; jadis ; en ce temps-là ; à l’époque…


 

 

Côté COMMUNICATION

Les articulateurs logiques :

Les articulateurs logiques utilisés dans l’article sont indiqués en italique. Les autres sont des suggestions pour vous aider à construire vos récits.

Pour exprimer : J'utilise :
la cause puisque ; car ; comme ; parce que ; étant donné que ; vu que…
l'opposition cependant ; mais...
la conséquence ainsi ; donc ; alors ; aussi ; c’est pour cela que, c’est pourquoi, c’est la raison pour laquelle, par conséquent…
le but afin de ; dans le but de ; en vue de ; de manière à...+ infinitif
afin que ; pour que ; de sorte que ; de manière que + subjonctif
la concession malgré ; bien que ; quoique ; en dépit de ; pourtant...

 

Côté CIVILISATION

La plage des chalets est un lieu d’inspiration pour de nombreux peintres, photographes, poètes, et écrivains.

En 1986, Jean-Jacques Beineix adapte le roman de Philippe Djian au cinéma et réalise 37°2 le matin, plus connu à l’étranger sous le titre de Betty Blue.

Sorte de road movie, le film immortalise les petits chalets autour de Zorg, chargé de l’entretien des maisons de bois et de Betty, une jeune femme sensuelle, imprévisible, lunatique et incontrôlable. Entre les 2 protagonistes nait une histoire d’amour puissante, pathétique et destructrice.

Zorg « Moi la vie m’endormait. Elle, c’était le contraire. Le mariage de l’eau et du feu, la combinaison idéale pour partir en fumée. »

Hommage à Betty Blue (37°2 le matin)

Hommage à Betty Blue (37°2 le matin)

La cabane de Zorg

Les chalets beineix 2

Les chalets Beineix

Renovation des chalets 37 2 le matin

37 2 le matin photo chalet 1

Chalet de gruissan beatrice dalle

La cabane de zorg de nuit

37 2 le matin gruissan

Beineix les chalets

 

Affiche film 37 2

 

nature compréhension écrite excursion

Commentaires

  • DANIEL LECLERCQ
    • 1. DANIEL LECLERCQ Le 06/09/2019
    "Fin XIXème - début du XXème. Quelques familles de Narbonne et des alentours, avant les ven-danges, venaient avec une charrette tendue de toiles de jute surnommées les bourounes (la Borona, un carré de grosse toile servant au transport de fourrage) et s’installaient sur la plage pour quelques jours. Certains laissèrent leurs charrettes et la renforcèrent avec des planches de bois. Mais vents et marées eurent raison de ces habitats précaires. Boyer, un cheminot, eut l’idée d’édifier dans un premier temps une cabane ancrée au sol puis sur pilotis (traverses de chemins de fer) pour échapper aux montées impétueuses de la Méditerranée. « Il semble donc que l’existence de constructions précaires estivales sur la plage de Gruissan remonte aux alen-tours de 1900 ou soit même antérieur, et qu’un développement important se produit avant 1920. » Andreu-Boussut poursuit, « En 1869, Eugène Achille Gibert, né à Gruissan, épicier-cafetier, est autorisé par un décret du préfet de l’Aude à ouvrir le premier café de la plage de Gruissan. […] Les établissements Gibert proposent ainsi des chambres, des écuries et 18 cabines de déshabillages pour le bain. " les pêcheurs n'ont jamais construits sur la plage..../... En 1870, Gibert installe 18 cabanes en bois sur pilotis pour profiter des bains de mer. Reconstruites après la seconde guerre, les cabanes s’agrandissent et se multiplient. » Les cabines deviennent des cabanes. Des légendes s’installent… L’on retire le ‘cheminot Boyer’, l’inventeur [architecte] des cabanes faîtes de bric et de broc.../... Les occupations du sol se feront sous forme d’amodiation et repris par la suite pour les occu-pations diverses de la plage par les commerces divers et les baraques en bois de nombreux narbonnais. Les tempêtes, les coups de mer des hivers mettent à rude épreuve ces construc-tions sommaires, les emportant régulièrement. Seuls les bâtiments sur pilotis résistent mieux et se pérennisent au fil des ans, et sont occupés durant l’été. « Ainsi l’évolution des constructions sommaires se convertit en chalets en bois, mais toujours susceptibles d’être emportées par les flots impétueux. »

    1920. Le développement important de Gruissan-Plage. Vu le phénomène de cabanisation sur la plage, la commune rachète en 1923, à l’Etat, « les lais et relais » de la mer (ce que la mer couvre en hiver et découvre en été). Ces lais et relais, bande de sable, qui avaient été vendus à quelques notables narbonnais et gruissannais, d’une profondeur de 250 mètres, suivent le domaine public maritime sur toute sa longueur. De plus, la commune perçoit une taxe pour la jouissance des cabanes (sorte de taxe de séjour touristique !). En 1928 sur un terrain non inondable, en arrière de cette bande elle édifie un lotissement de 57 lots et passe les premiers contrats sous forme de location par amodiation (formule ancienne). .../... Le confort est rudimentaire. Le ravitaillement en vivres et eau douce se fait chaque fin de se-maine avec le retour des hommes et leurs charrettes, rejoignant femmes et enfants, pour par-tager avec les amis ce territoire sauvage. Dès les années 1930, estivants et gruissannais parlent de ‘la station’, et la désignent sous ce nom désormais connu ‘Gruissan-Plage’. « L’eau de mer et le sable remplaçant savon et détergent pour se laver le corps et faire la vaisselle »selon Claude Fagedet , ce que confirme à sa façon Pierre Sansot « le vent […] du côté de Gruissan, il décape proprement les visages qui n’auront plus besoin d’un gant de toilette pour obtenir la netteté désirée. »

    Les baraques s’édifient en rangées serrées parallèles à la mer et séparées par une voierie d’une dizaine de mètres. Ce principe servira de fil conducteur jusqu’en 1940 et l’édification de 580 baraques sur 12 rangées. .../...
    1946. Le plan en damier. En décembre 1946, l’urbaniste-architecte Fagard propose une im-plantation nouvelle des constructions en les disposant en quinconce, à 45° par rapport à la ligne de bord de mer, ménageant ainsi le maximum de vue sur cette dernière. C’est cette dis-position qui est retenu, quand en 1947, la commune au titre des dommages de guerre peut envisager la reconstruction des chalets. .../... Le plan établi par Raymond Coquerel, urbaniste de l’Etat, justifie et énonce les principes sui-vants. Cette disposition permet une meilleure orientation des pièces d’habitation. Le vent pré-dominant Nord-Ouest ou Cers représente 66% de la totalité des vents, et la plage n’est proté-gée par aucun accident de terrains. Il faut aussi tenir compte de l’orientation ouest qui occa-sionne de très fortes chaleurs. Des constructions dont une diagonale serait orientée N.O-S.E. répondraient au mieux à ces conditions. Les rangées de chalets situés en deuxième et troisième rang ont ainsi une vue sur la mer et la plage. Les dents de scie, ou redents, allongent la longueur du front de mer et cassent ce qui aurait pu être une monotone façade longue de un kilomètre. .../... La production des chalets : une série. A l’origine, le dossier prévoit 6 rangées de chalets, mais devant les demandes faites en mairie, 4 autres rangées sont établies toujours sur le terrain communal. Ainsi les 10 rangées seront construites, et une onzième tout récemment.

    En échange des bons Pinay, négociables à 3, 6 ou 9 ans pour reconstruire ‘leur villégiature d’été’ que 519 baraquiers ont touché, la société Pécou de Haute Savoie propose un chalet en modèle unique, mais en 3 tailles. Préfabriqués en Haute-Savoie, les chalets sont assemblés sur place au rythme de 80 par an. Un atelier sera même établi sur la plage, car la société construira près de la moitié des chalets de Gruissan-Plage. Entièrement en bois, sauf les ferrures des volets, bois à petites sections assemblées pour obtenir les portées, ces chalets se révèleront être les plus durables des chalets construits. En 1982 il y en avait encore 700 sur le site. D’autres charpentiers/menuisiers de la région viendront aussi participer à cet effort de reconstruction.


    Evolution des Chalets.

    1950. Les chalets n’ont ni eau, ni lumière et équipés d’une cuisine pour seule commodité. Les WC sont communs et installés près des parkings rejetés en arrière de la plage. Quelques commerces alimentaires : eau, pain de glace pour les estivants. Cinq cafés restaurants, dont certains font guinguettes ou louent des chambres.

    1954/1955. Lumière et eau potable alimentent les chalets. Des WC de fortune apparaissent en excroissance de chalets. Des garages clos sont bâtis sous les chalets.

    « Le même paysage de vacances à bon marché se répète ainsi de Racou-Plage au Cap d’Agde qu’animent de nombreux ports de plaisance construits dans les années 70, mais s’y distinguent aussi quelques sites pittoresques à l’instar des maisons sur pilotis de Gruissan-Plage. »

    Voila qq précisions utiles...